J'ai recours depuis plusieurs années déjà à la prothèse de hanche non cimentée avec acétabulum impacté macroporeux puis HA et pivot fémoral anatomique HA.
Quelle serait l'influence de la géométrie et de la nature des traitements de surface des prothèses sans ciment, en particulier sur la fréquence
Parmi les familles de composants les plus représentées :
- cinq familles acétabulaires
- six familles de pivots fémoraux
Selon une méta-analyse de la littérature orthopédique ne couvrant pas les années 2004-2011 (faute de recul), l'absence de traitement de surface pour les cupules vissantes conduirait à un taux de réintervention et d'ostéolyse plus élevé.
Pour les cupules vissantes ou impactées, l'ajout d'HA ne réduirait pas le taux de réintervention par rapport aux pièces corindonées ou macroporeuses.
Pour les pivots droits, l'ajout d'HA ne réduirait pas le taux de réintervention et s'accompagnerait même d'un taux d'ostéolyse plus élevé.
En termes d'ostéolyse et de réintervention, les pivots droits corindonés ou macroporeux seraient comparables.
Pour les pivots anatomiques, l'ajout d'HA réduirait la fréquence des réinterventions mais avec un recul plus court et sans réduire la fréquence des ostéolyses.
Les pivots corindonés donneraient des résultats comparables dans leur version droite ou anatomique.
À l'inverse, les pivots avec HA donneraient de meilleurs résultats dans leur forme anatomique.
La forme du pivot aurait moins d'influence que le traitement de surface sur les ostéolyses et les réinterventions, mais elle influençerait plus nettement le taux de fractures opératoires
La littérature confirmerait bien en plusieurs bien ma propre expérience clinique (et vice-versa) :
La fixation des prothèses de hanche sans ciment nécessite une stabilité primaire, mécanique, et une stabilité secondaire assurée par la repousse osseuse au contact de l'implant.
Cette fixation est sous la dépendance de la forme de l'implant, du matériau qui le compose et de son état de surface.
Différents types de traitement de surface sont utilisables :
Outre les études expérimentales et les analyses d'explants, je prends en compte, dans ma propre pratique, plusieurs critères cliniques et radiographiques pour évaluer ces revêtements :
Pour les cupules acétabulaires, sous réserve d'une fixation primaire satisfaisante, les revêtements poreux ou rugueux permettent une ostéo-intégration suffisante pour assurer la stabilité secondaire, bien que la réhabitation osseuse soit souvent incomplète (en moyenne 20 %).
L'adjonction d'HA me semble améliorer ce taux et diminuer les phénomènes d'ostéolyse.
Au niveau fémoral interviennent
Le revêtement doit être circonférentiel pour éviter la migration de particules d'usure.
Les revêtements poreux font l'objet d'une réhabitation incomplète (en moyenne 30 %) qui expose aux douleurs de cuisse, à l'enfoncement, à l'existence de liserés et d'ostéolyses proximales et surtout distales.
Étendus à toute la tige, ils peuvent favoriser le stress shielding et rendent la tige inextractible par traction axiale.
Ma génération a le souvenir cuisant (pertes sanguines majeures) de la monstrueuse galère de l'extraction de telles prothèses type Judet ou Lord à la fin des années 70 et dans la décennie 80.
Ces inconvénients seraient réduits par les revêtements poreux par plasma spray de titane et les revêtements rugueux qui permettent une amélioration des taux de survie, mais avec parfois une repousse osseuse partielle et la persistance de douleurs de cuisse et de liserés.
Les revêtements bioactifs avec HA, par une repousse osseuse optimisée,
C'est bien ce que confirme notre propre expérience depuis bien des années déjà.